En France, des professionnels des soins palliatifs testent l’outil IDC-PAL afin d’améliorer la détection des cas complexes.

Minipiloto PM

L’équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) d’Estey, qui fait partie du Pavillon de la Mutualité à Bordeaux et participe au projet européen HENKO NET, a terminé le mini-pilote de l’outil IDC-PAL, un instrument conçu pour identifier la complexité des situations palliatives chez les patients atteints de maladies avancées ou en phase terminale.

Entre novembre 2025 et janvier 2026, sept professionnels – trois médecins, trois infirmières et un psychologue – ont évalué l’outil auprès de 35 patients âgés de 48 à 96 ans.

Un groupe de discussion a été organisé avec les professionnels concernés, et leurs principales contributions soulignent que l’utilité principale de l’outil est claire : « Il permet de détecter les patients qui pourraient bénéficier d’une équipe spécialisée » et améliorerait également « l’orientation initiale vers les ressources en soins palliatifs ».

À son tour, l’étude révèle que le public cible réel de l’outil n’est pas constitué d’experts et de professionnels spécialisés dans les soins palliatifs. Ils estiment que l’IDC-PAL pourrait être davantage destiné aux médecins généralistes ou aux équipes qui ont besoin d’un soutien initial pour identifier les cas complexes. « Il est davantage destiné à ceux qui n’ont aucune expérience en matière de soins palliatifs. »

La méthodologie du mini-pilote comprenait des visites à domicile par deux, la réalisation conjointe du questionnaire, des discussions multidisciplinaires et une analyse qualitative à l’aide d’un groupe de discussion, ainsi qu’une évaluation à l’aide du questionnaire UTAUT2, qui a confirmé son acceptabilité et sa facilité d’utilisation.

Le groupe de discussion a toutefois exprimé une préoccupation importante : la longueur du questionnaire (trois pages) pourrait décourager les médecins généralistes déjà surchargés. « Il y a un risque que les notifications ne soient pas remplies simplement parce qu’elles font trois pages », a averti le psychologue de l’équipe.

L’étude a également donné lieu à plusieurs propositions d’amélioration, telles que l’ajout de l’option « Sans objet » à tous les items, l’adaptation du contenu au contexte français — en particulier la dimension socio-familiale — et l’intégration d’aspects essentiels des soins palliatifs qui ne sont actuellement pas pris en compte, tels que le refus des soins, la proportionnalité des traitements ou la sédation palliative.

De même, les professionnels ont recommandé de comparer l’IDC-PAL avec l’outil français PALLIA10, considéré comme plus flexible et capable de couvrir des situations que l’IDC-PAL fragmente ou ne prend pas en compte, notamment la gestion des conflits au sein de l’équipe ou les demandes de mort anticipée.

Enfin, l’équipe a souligné le potentiel de l’IDC-PAL en tant qu’outil de recherche pour mesurer l’impact des interventions en soins palliatifs.« Il serait intéressant de voir si les niveaux de complexité diminuent avec le temps », a expliqué le psychologue.

Cette étude constitue une première étape vers l’adaptation et la validation de l’IDC-PAL en France, contribuant ainsi à l’objectif de HENKO NET : améliorer la gestion des situations palliatives grâce à des solutions partagées entre la France, l’Espagne et le Portugal.